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Start-up & scale-up

Financer une start-up ou une scale-up en Belgique

Financer une start-up ou une scale-up en Belgique : tours par étapes, fonds d'amorçage, invests, tax shelter. Tickets publiés et dilution chiffrée.

ParCédric H.5 min de lecture

Une start-up se finance par tours successifs, chacun lié à un jalon : preuve de concept, premiers clients, modèle reproductible, puis mise à l'échelle. Fonds d'amorçage, business angels, invests, tax shelter et aides régionales se combinent à chaque étape. Le principe à tenir : chaque tour doit se faire à une valorisation plus haute que le précédent.

Comment se finance une start-up, étape par étape ?

Par jalons. Chaque étape franchie réduit le risque et justifie un prix plus élevé pour le tour suivant.

ÉtapeObjectifFinanceurs fréquents
Pré-amorçageValider l'idée et le marchéFondateurs, proches, aides régionales
Amorçage (seed)Construire le produit, premiers clientsBusiness angels, fonds d'amorçage, invests, tax shelter start-up
Série AProuver un modèle reproductibleFonds de capital-risque, invests, fonds privés
Croissance (scale-up)Accélérer, internationaliserFonds de croissance, tax shelter scale-up, quasi-capital

Les noms changent d'un fonds à l'autre. La logique, elle, ne change pas.

Qu'est-ce qu'une scale-up ?

Une entreprise qui a trouvé son marché et cherche à grandir vite. Le terme n'a pas de définition légale unique. Pour le tax shelter, le SPF Finances vise les petites entreprises en croissance âgées de 5 à 10 ans.

Qui investit, et pour quel ticket ?

Voici ce que les acteurs actifs sur les start-up publient eux-mêmes, relevé sur leurs sites le 15.10.2026 :

ActeurZoneTicket publiéStade ou cible publiée
TheodorusBelgique (Theodorus IV : ouverture vers le Canada)250 000 € au premier investissement, jusqu'à 2,5 M€Seed et early stage ; biotech, medtech, digital, ingénierie
ORSA (ex-Investsud)Wallonie500 000 € à 2 500 000 €Start-up, scale-up et biotech ancrées en Wallonie
Invest.BWBrabant wallonJusqu'à 2,5 M€ au total, en un ou plusieurs toursStart-up technologiques de moins de 9 ans
NoshaqProvince de LiègeNon publiéDe la start-up à la PME établie
SambrinvestCharleroi MétropoleNon publiéStart-up, PME en croissance ou en transmission
finance&invest.brusselsBruxellesJusqu'à 5 M€ pour les PME, en co-investissementDes indépendants aux scale-ups

Trois acteurs sur six ne publient pas de ticket. Ce n'est pas un défaut en soi, mais il faudra poser la question au premier rendez-vous. Theodorus publie aussi plus de 70 M€ sous gestion ; Noshaq indique 120 M€ d'investissements décidés par an en moyenne sur cinq ans, tous secteurs confondus.

Le classement des fonds pour PME reprend ces acteurs avec leurs instruments.

Les fonds investissent-ils seuls ?

Rarement. Un tour réunit souvent un fonds d'amorçage, un invest, des business angels et parfois un industriel. Invest.BW l'écrit noir sur blanc : il ne finance jamais seul la totalité du besoin. finance&invest.brussels se présente aussi comme un co-investisseur, aux côtés des banques et des fonds privés.

Pour le fondateur, cela veut dire une chose. Le premier investisseur qui accepte d'entrer doit être capable d'en amener d'autres. J'ai vu des tours bloqués pendant des mois parce que le fonds de tête n'avait jamais construit un tour de table à plusieurs.

Quelle région pour quelle start-up ?

Le droit des sociétés et la fiscalité sont fédéraux. Les outils publics de financement sont régionaux.

  • Wallonie : Wallonie Entreprendre et les invests provinciaux (Noshaq, Sambrinvest, Namur Invest, Invest.BW, IMBC), plus des fonds privés comme ORSA.
  • Bruxelles : finance&invest.brussels, et sa filiale brusoc pour les très petites entreprises.
  • Flandre : PMV, hors du champ principal de ce site.

Une start-up bruxelloise qui ouvre un site en Wallonie peut entrer dans le champ d'un fonds wallon. Sans activité en Wallonie, n'y comptez pas.

Combien de capital les fondateurs cèdent-ils ?

Moins qu'on ne le craint au premier tour, plus qu'on ne le croit au troisième. La dilution se multiplie d'un tour à l'autre, elle ne s'additionne pas.

Exemple construit, pas un cas réel. Les fondateurs détiennent 100 %. Ils lèvent 500 000 € sur une valorisation avant levée de 2 M€ : l'investisseur prend 20 %, les fondateurs gardent 80 %. Au tour suivant, 2 M€ sur 8 M€ avant levée : le nouvel investisseur prend 20 %. En pourcentage, cela donne 80 % × 80 % = 64 % pour les fondateurs. Si le second tour s'était fait à 4 M€ avant levée, le nouvel investisseur aurait pris 33 %, et les fondateurs seraient tombés à 53 %.

Le tax shelter aide-t-il à lever ?

Oui, côté business angels. Il accorde une réduction d'impôt aux particuliers qui souscrivent des actions nouvelles : 30 % ou 45 % pour une entreprise de moins de 4 ans, 25 % pour une entreprise en croissance de 5 à 10 ans. Les conditions sont détaillées dans notre article sur le tax shelter start-up et scale-up.

Que regarde un fonds d'amorçage dans un premier dossier ?

L'équipe, la technologie et la propriété intellectuelle, dans cet ordre. À ce stade, il n'y a pas de comptes à analyser. Le fonds parie sur des personnes et sur un actif qu'elles contrôlent. Un brevet déposé au nom d'une université, avec une licence encore en discussion, ou un cofondateur parti sans accord écrit sur ses actions, suffit à bloquer un dossier par ailleurs solide. Réglez ces deux points avant le premier rendez-vous : ils se règlent en quelques semaines quand personne n'attend, et en plusieurs mois quand un fonds attend.

Quand faut-il lever ?

Quand un jalon atteint justifie une valorisation plus haute, et avant que la trésorerie ne devienne critique. Lever avec trois mois de trésorerie devant soi, c'est négocier sous la contrainte.

Six cas, six portes d'entrée

Votre casQue faire
Spin-off universitaire, preuve de concept établieFonds d'amorçage universitaire (Theodorus pour l'ULB), dès 250 000 €
Start-up wallonne qui cherche 500 000 € à 2,5 M€Invest de la province, ORSA, ou les deux en co-investissement
Start-up bruxelloisefinance&invest.brussels, avec une banque ou un fonds privé à ses côtés
Tour mixte avec des business angelsVérifier l'éligibilité au tax shelter avant de l'annoncer
Biotech en précliniqueVoir notre article financer une biotech
Scale-up rentable qui veut éviter la dilutionÉtudier le quasi-capital, comme le prêt subordonné
Équipe de start-up devant un tableau de croissance dans un incubateur belge

Pour une décision qui engage votre table de capitalisation, faites relire le montage par un avocat ou un expert-comptable. ORSA décrit son approche sur sa page venture capital ; comparez-la aux conditions des autres acteurs avant de signer.

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Questions fréquentes

Une entreprise qui a trouvé son marché et cherche à grandir vite. Pour le tax shelter, le SPF Finances vise les petites entreprises en croissance âgées de 5 à 10 ans.

Quand un jalon atteint justifie une valorisation plus élevée, et avant que la trésorerie ne devienne critique. Lever sous la contrainte affaiblit la négociation.

Rarement. Les tours réunissent souvent plusieurs investisseurs : fonds d'amorçage, invests, business angels, parfois un industriel. Invest.BW écrit qu'il ne finance jamais seul la totalité du besoin.

Theodorus publie un premier investissement de 250 000 €. Pour Theodorus IV, la fourchette publiée va de 500 000 € à 2,5 M€. Sous ces montants, les business angels et les aides régionales prennent souvent le relais.

Les invests wallons interviennent dans leur province. ORSA cible les entreprises implantées en Wallonie ou qui y développent une activité significative. À Bruxelles, l'outil régional est finance&invest.brussels.

Non, la réduction d'impôt vise les particuliers. Elle rend leur participation plus attractive dans un tour mixte qui réunit un fonds et des business angels.

La part de l'investisseur égale le montant levé divisé par la valorisation après levée. Avec 1 M€ levé sur 4 M€ de valorisation avant levée, l'investisseur prend 20 %. Le pourcentage réel se négocie tour par tour.

Photo de Cédric H.

Cédric a passé huit ans, de 2009 à 2017, dans le service crédits entreprises d'une banque belge à Namur, du côté où l'on refuse les dossiers et où l'on rédige les covenants. Il a ensuite été contrôleur de gestion d'une PME industrielle du Hainaut au moment où un invest provincial est entré à son capital. Installé à Gembloux, il relit chaque mois les conditions publiées par les fonds et les invests wallons et bruxellois.